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Photographie: Eléphants (loxodonta africana) vus d'avion au-dessus du delta de l'Okavango

Rivière Chobe (Delta de l'Okavango / Botswana) - 2006

Plus grand animal terrestre, l'éléphant d'Afrique peut atteindre une longueur de 7,5m sur 4 de haut pour un poids de 5 tonnes en moyenne. Un mâle adulte mange entre 100 et 300 kg de fourrage par jour (herbe, broussaille, écorce) et passe les 3/4 de son temps à se nourrir du fait d'un processus de digestion peu efficace (seulement 44% de ce qui est ingéré est digéré).

Ces énormes oreilles (~2,5m2 chacune) ne servent pas seulement à l'ouïe, fortement vascularisées, elles ont  également un rôle essentiel pour la régulation de la température corporelle de l'animal qui ne peut se faire sur le reste du corps du fait d'une peau épaisse peu vascularisée et du faible nombre de glandes sudoripares.

L'autre organe remarquable est évidemment la trompe. Faite de près de 150 000 muscles et pesant autour de 130kg, cet appendice est un outil complexe de grande précision remplissant de multiples fonctions. C'est d'abord un organe préhensile, à un doigt chez l'éléphant d'Asie, deux doigts chez son cousin d'Afrique, aussi bien capable de ramasser une noix que d'arracher un arbre ou de pousser un obstacle. C'est grâce à sa trompe que l'éléphant prends la nourriture et l'apporte à sa bouche pour la manger. C'est aussi un aspirateur et un expulseur puissants, pour pomper l'eau (9 litres en une fois) et la déposer dans sa bouche comme pour aspirer la poussière et s'en aperger le corps afin de lutter contre les parasites. C'est également un organe olfactif très performant qui est complèté par un organe de Jacobson situé dans la bouche. C'est ainsi que les mâles détectent les femelles réceptives en amenant à proximité de cet organe dans la bouche, l'air capté par la trompe près de l'urine ou des organes génitaux de la femelle. La trompe est également tactile et sert à appréhender la surface et la texture des objets aussi bien qu'à caresser un jeune ou un partenaire ou encore une arme pour la défense comme pour l'attaque. Enfin c'est un outil de communication modulant les ondes sonores ou infrasonores émises par le larynx. Une semaine après la naissance, l'éléphanteau commence à utiliser sa trompe mais il lui faut près de six mois pour vraiment la maîtriser tant l'organe est complexe.

Les défenses sont un autre appendice caractéristique de l'espèce même si elles peuvent être absentes chez l'éléphant d'Asie notamment chez la femelle. Elles sont en fait des incisives à croissance continue (17cm par an), innervées et vascularisées à la manière de nos dents, elles sont sensibles à la pression et apparaissent après les deux premières années. Les plus grosses défenses jamais observées pesaient 100kg chacune, les plus longues mesuraient 3,2m. Elles sont un autre outil précieux du pachyderme pour creuser le sol à la recherche d'eau ou de racines, pour enlever l'écorce des arbres comme celle du baobab, pour protéger la trompe, parader ou se défendre et attaquer. Les défenses des femelles sont en moyenne deux fois plus petites que celles des mâles. Chaque individu utilise plus volontier l'une ou l'autre de ses défenses ce qui conduit à une usure plus rapide et une dissymétrie qui s'accentue avec l'âge.

La gestation dure environ 22 mois. L'espérance de vie serait similaire à celle de l'homme, soit environ 70 ans. La maturité sexuelle du mâle intervient aux environs de 17 ans,  13 ans pour la femelle. Les éléphants sont organisés en groupes, la plupart du temps dissociés selon les sexes et la maturité sexuelle. Les femelles constituent des groupes familliaux (10 à 20 individus environ) avec leur descendance immature menés par la femelle la plus âgée pendant que les mâles sont assez indépendants et entretiennent moins de liens sociaux. Les groupes ne sont pas statiques mais évoluent en fonction du nombre d'individus, de l'abondance de nourriture ainsi que de la saison. Ils représentent néanmoins des structures coopératives capable de coordination.

Les éléphants peuvent communiquer selon une large palette de modalités. La première est la gestuelle qui renseigne sur l'état de dominance, d'attraction ou de soumission d'un individu envers un autre. L'une des attitudes caractéristiques est l'intimidation: battements d'oreilles écartées, balancements de têtes, gonflement du torse et barissements. Si l'intrus ou l'adversaire ne cède pas devant ces manifestations, c'est la charge, oreilles plaquées sur le crâne et défenses en avant à une vitesse de 40km/h... La seconde passe par la sécrétion d'odeurs par les glandes temporales qui indique l'excitation du mâle appelé musth, le phénomène est également présent chez les femelles mais à une échelle bien moindre. Enfin, le mode de communication le plus évolué chez les éléphants passe par les sons. Audibles par l'homme ou non, ils leurs permettent d'échanger des informations sur de grandes distances (jusqu'à 10 km). Ces informations concernent le lien social (salutation, prise de contact, avertissement), la recherche de nourriture et la reproduction. Les études sur le sujet en sont en fait à leurs débuts et il reste encore beaucoup à apprendre dans ce domaine.

Jusque récemment la classification comptait seulement 2 espèces d'éléphants: l'éléphant de savane (loxodonta africana africana) et l'éléphant d'Asie (Elephas maximus) plus petit que son cousin avec un crâne à 2 bosses et non plat et des oreilles plus petites. Il y a peu, des études ADN ont conduit à introduire deux nouvelles espèces, l'éléphant de forêt (Loxodonta africana cyclotis) essentiellement présent au centre et à l'ouest de l'Afrique dans les forêts équatoriales et l'éléphant de Bornéo (Elephas maximus borneensis) endémique à l'île du même nom dont le nombre ne dépasse pas 2000 individus. Avec une population estimée entre 470 000 et 690 000 individus pour l'éléphant d'Afrique en 2007 d'après l'UICN et environ 40 000 éléphants d'Asie, ce magnifique animal est toujours en danger de disparition.