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Photos Smoking Mirrors

Avec 125 incinérateurs sur le territoire, la France détient le record d'Europe en nombre d'installations et se situe deuxième au rang mondial derrière le Japon.

Des études montrent que la proximité d'un incinérateur dans l'environnement quotidien augmente significativement le risque de problèmes respiratoires, de maladies cardiaques, d'allergies, de malformation congénitale ainsi que de déficiences immunitaires et de cancer (celui d'un décès par cancer du poumon est multiplié par 6.7 par exemple).

Le bilan des rejets des installations n'a pas encore fait l'objet de mesures exhaustives propres à rendre compte du phénomène faute de méthodologies adaptées. Les effets conjugués des différents polluants étant en effet plus difficiles à expliciter que l'effet de chacun pris séparément. Néanmoins parmi les composés rejetés dans l'atmosphère on peut citer:

  • des dioxines
  • des biphényles polychlorés (PCB)
  • des naphtalènes polychlorés
  • des dérivés chlorés du benzène
  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
  • de nombreux composés organiques volatils (COV)
  • des métaux lourds comme le plomb, le cadmium et le mercure

Beaucoup de ces substances chimiques sont connues pour être persistantes (très résistantes à la dégradation dans l’environnement), bioaccumulables (elles s’accumulent dans les tissus des organismes vivants) et toxiques.

Les législations françaises ou européennes, même les plus récentes (comme le projet de directive initiée en 2001), ne se donnent pas pour but la réduction des impacts sur la santé humaine mais s'attachent avant tout à la faisabilité technique des réglementations.

Le problème de l'incinération est symptomatique des grands défis environnementaux actuels. Il est en effet une résultante des décisions/non-décisions des acteurs clefs de notre société.
Il y a d'abord bien sûr le citoyen/consommateur, chacun d'entres nous donc. A chaque déchet que nous générons correspond ou non, selon nos moyens et notre réflexion, quelques grammes de fumées en plus ou en moins dans l'atmosphère... Bien entendu, nous n'avons pas la maîtrise totale de nos déchets, les fabricants et les vendeurs, re-vendeurs, re-re-vendeurs, imposent également une partie du résultat. Ce qui ne devrait pas nous exhonérer des choix et des influences que nous pouvons avoir.
Ensuite il y a également les pouvoirs publics qui autorisent ou non certaines pratiques d'une part et nos chers élus qui conclus des marchés en notre nom d'autre part. Là aussi des choix et des priorités peuvent être donnés et influent pendant des dizaines d'années sur notre vie quotidienne.
Dernier maillon de la chaîne et non des moindres, les industriels qui mettent au point et gèrent les coûteuses installations de l'incinération. Si certains jouent le jeu de l'intêret commun, d'autres ne cherchent qu'à satisfaire des intêrets privés à courte vue au détriment de la communauté.

L'incinération est une grande illusion. On pense naïvement que ce qui brûle disparaît comme par magie. Toutes les installations représentées sur ces photos rejettent des dizaines de milliers de tonnes de substances tous les ans dans l'air que nous respirons et produisent également des dizaines de milliers de tonnes de résidus solides (mâchefers et autres) sur la même durée.

C'est pour donner à voir l'invisible que ces images existent.