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Photographie: Face supérieure des ailes d'une Belle-Dame (Vanesse des chardons / Cynthia Cardui)

Tarn-et-Garonne (Midi-Pyrénées) - 2009

Cette année 2009 a vu une migration exceptionnelle de papillons Belles-Dames.

Cela faisait trois ans qu'il n'y avait pas eu de réelle migration de Belles-Dames (Cynthia Cardui ou encore Vanesse des chardons), un beau papillon aux ailes tachetées rouge-orange, noir et blanc. Les premieres vagues ont été aperçues le 14 avril autour de Perpignan et en Andorre. Le lendemain ils étaient signalés sur le Morbihan, puis d'autres sur Nimes et la Drome. Les observations se sont succédées depuis et cette migration est comparable à celle, exceptionnelle, de 1996.

Ce papillon est essentiellement originaire du Maghreb (Maroc, Tunisie, Libye, Egypte,...). Les raisons de la migration restent encore mystérieuses, certains évoquent une diminution des parasites du papillon qui conduirait à une explosion de sa population, d'autres invoquent la pénurie de plantes nourricières des larves (cette année on constate en l'occurence une abondance inhabituelle de Belles-Dames au Maroc). Quoi qu'il en soit, il est assez extraordinaire de constater que le comportement migratoire de ce papillon, bien que déclenché par une cause externe, est entièrement programmé par ces gènes.

Les adultes entament donc un long périple, soit en traversant la méditérranée via la Sardaigne et la Corse, soit via le détroit de Gibraltar. En France deux voies principales existent: le long de la façade atlantique pour un passage en Angleterre voire en Islande, et le long de la vallée du Rhônes et de la Saône à destination de la Belgique et des Pays-Bas ou, selon les vents, vers l'Allemagne, le Danemark et jusqu'à la Scandinavie. Le 29 mai des Belles-Dames étaient ainsi signalées en ... Norvège !

Le développement de l'oeuf jusqu'à l'imago durant de 4 à 5 semaines, un adulte vivant de 3 à 4 semaines, il faudra plusieurs générations (2 ou 3) pour faire la migration complète. Les premiers individus à atteindre nos côtes sont parfois en piteux état, ailes frottées et déchirées, affaiblis après plus de 2000 km de vol pour certains. Malgré le nombre de migrateurs, plusieurs millions semble-t-il, il est rare d'observer des nuées en vol. On observe plutôt des flux plus ou moins continus de 3, 4 voire une dizaine d'individus volant à 1 à 3 mètres du sol en trajectoires assez rectilignes y compris contre le vent. J'ai pu en dénombrer 100 en une minute sur une largeur de 20 mètres au pieds des Pyrénées à Saint-Pé-d'Ardet début juin. Avec des vents portants de 40 à 50 km/h, un individu pourrait parcourir 1000km en 24 heures (certains auteurs évoquant plutôt 500km/jour), la vitesse de vol sans vent se situant entre 25 et 30 km/h.

A l'automne, une migration retour se produirait en sens inverse mais avec beaucoup moins d'individus, les larves aussi bien que les adultes ne pouvant résister au gel.

Ces photos sont issues de mes périples entre mai et juin 2009, de l'Aude jusqu'en Aveyron, pour suivre la migration.